...............Ahmed Wahbi..................

...............Ahmed Wahbi..................
... le poête de " l'oranité " profonde .

Né à Marseille en 1921 et mort à Alger en 1993, Ahmed Wahby - de son vrai nom Ahmed Driche Tedjini - est l'un des fondateurs avec Blaoui Houari du genre musical : El Asri. Un genre nouveau né à Oran dans les années 40 et influencé par les grands Maîtres égyptiens de la musique arabe : Mohamed Abdelwahab et Farid El Atrache. Un genre qui tout en empruntant son style à l'Orient utilise les rythmes et le langage poétique typiquement oranais.

Fils du chanteur Dader qui fut membre du groupe "S'hab El Baroud" ou Banda Zahouaniya et que l'on croisait au café Bendouma dans le quartier de M'dina Jdida, Ahmed Wahby va trouver sa vocation de chanteur à travers le réseau du scoutisme et notamment avec la création en 1937 du groupe de scouts musulmans d'Oran - "En-Najah" - dont il fera partie avec Hamou Boutlélis et Kada Mazouni. Son talent se révélera lors des longues veillées qui se déroulaient dans la forêt de Misserguine au cours desquelles il reprenait le répertoire de Abdelwahab

la chanson de Wahran Wahran "arabe"
Wahran Wahran
Rouhti khsara
Hejrou mennek nas echtara
Gaadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Gadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Ya ferhi ala oulad El Hamri
Wled Lamdina ou Sid El Houari
Addite maahoum soghri
Lihoum fenni toul omri
Addite maahoum soghri
Lihoum fenni toul omri
Omri la nansa bladi
Ardi ou ard ajdadi
Wahran douh chababi
Wahran etnassili dabi
Nahlaflak ma ytouche ghyabi
Wanoud bin ahli wa hbabi
Wallah ma ytoulche ghyabi
Wanoud bin ahli wa habi
Wahran Wahran
Rouhti khsara
Hejrou mennek nas echtara
Gadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Gadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Omri la nansa bladi
Ardi ou ard ajdadi
Wahran douh chababi
Wahran etnassili dabi
Nahlaflak ma ytoulch ghyabi
Wanoud bin ahli wa hbabi
Wallah ma ytoulch ghyabi
Wa anoud bin ahli wa habi
Shab El Baroud
Takhmami alihoum
Ayni Pingui kan raïshoum
Naqal ala Dader bakhashoum
Yastakhbar wa skat hawalihoum
Wadi ala tahtaha wadi
Rah zinha zine el widadi
Rajaat ghomma li fouadi
Wellit nabki wa nnadi
Omri la nansa bladi
Ardi ou ard ajdadi
Wahran douh chababi
Wahran etnassili dabi
Nahlaflak ma ytoulch ghyabi
Wanoud bin ahli wa hbabi
Wallah ma ytoulch ghyabi
Wanoud bin ahli wa habi
Mahla sahriyate bladi
El gasba wall gallal issadi
Ma ahla sahriyate bladi
El gasba wa el gallal issadi
Ya elli machi liha ghadi
Wassi yatthallou fi bladi
Ya elli machi lîha ghadi
Wassi yatthallou fi bladi
Wassi tani ala ennas
Terkou dinhoum ou tabou el kas
Yakfina mel kas wel mayda
Raha jamaa bla fayda
Yakfina mel kas wa el mayda
Raha jmaa bla fayda
Wahran Wahran rouhti khsara
Hejrou mennek nas echtara
Gaadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Gadou fel ghorba hiyara
Wel ghorba siba ou ghadara
Omri la nansa bladi
ardi ou ard ajdadi
Wahran douh chababi
Wahran etnassili dabi
Nahlaflak ma ytoulch ghyabi
Wa anoud bin ahli wa hbabi
Wallah ma ytoulch ghyabi
Wa anoud bin ahli wa hbabi .

# Posté le mercredi 27 juillet 2005 16:44

Modifié le lundi 22 août 2005 16:21

Hamdi Benani, le chantre annabi "malouf "

Hamdi Benani, le chantre annabi "malouf "
Né le 1er janvier 1943 à Annaba, quatrième ville d'Algérie, dont saint Augustin fut l'évêque, il montre très tôt des aptitudes pour le chant, avec les encouragements de son oncle, musicien de feu Mohamed El Kourd. A 16 ans, il remporte un premier prix de la chanson, mais ce n'est qu'en 1963 que sa carrière de musicien et chanteur se concrétise publiquement. En effet, un récital au théâtre d'Annaba, où il interprète le classique Ya bahi El Djamel lui ouvre les portes de la reconnaissance et du grand public et de ses pairs. Sa ténacité, sa détermination et son acharnement au travail feront le reste et le hisseront au niveau de ses illustres aînés comme Hadj Fergani, Hassen El Annabi et Abdelmoumène Bentobbal.
Celui que l'on surnomme «l'ange blanc», en raison de la couleur de son violon, a su apporter du changement et un souffle neuf à un genre, le malouf, qui gagne, ainsi, en dynamisme et en vivacité.

# Posté le jeudi 28 juillet 2005 16:56

Modifié le lundi 22 août 2005 16:20

EL GHAFOUR Mohamed "Brillant interprète de Hawzi. "

EL GHAFOUR Mohamed  "Brillant interprète de Hawzi. "
Né le 5 mars l930 à Nédroma (Tlemcen). Etudes de français à l'école des garçons de la ville et, pendant les moments creux, il prend des leçons de Coran et de Fiqh à la mosquée chez cheikh Lefçih. Bien que brillant élève, il dut quitter l'école pour aider son père, tisserand de son état. En 1948, son oncle drabki commence à s'intéresser à sa voix. Il rejoint l'un des nombreux orchestres de la ville, celui de Hadj Ghenim Naqqache ou il apprend la darbouka pendant trois mois, puis la mandoline durant deux ans. Ensuite il rejoint un autre maître, Driss Rahal avec qui il reste jusque en 1953.Le reste ce sont les cercles littéraires de la Mesria et Tarbiaâ qui le feront. C'est là que le jeune Ghafour apprend à se maîtriser, à s'assumer. Les années 55-62 constituent la période la plus creuse et 1a plus noire de son existence. Après l'indépendance la reprise est dure. Ce n'est qu'en 1966, lors du premier festival de la musique andalouse d'Alger, qu'il a consenti à reprendre. De 1966 à 1970, il se révèle au public algérien. Il participe à tous les festivals de la musique andalouse.
En plus de Nédroma, Alger et Constantine vont constituer ses ports d'attache musicaux. En 1969, son ensemble obtient le premier prix au Festival de la musique populaire d'Alger pour l'interprétation de Ya Welfi Mériem. Hadj Ghafour demeure un cas original dans la mesure ou il n'a jamais enregistré ni disques (l'unique disque est sorti des presses de la défunte unité des Eucalyptus de l'ex -RTA), ni cassettes. Sa modestie est exemplaire : J'ai chanté parce qu'un jour cheikh Ghenim l'a imposé... J'ai continué à le faire parce que cela me plaisait. J'ai persisté parce que cela plaisait aux autres. Maintenant je ne le fais plus parce que je suis malade. dit-il, en février 1986, à un journaliste d'El Moudjahid. Après sa décision d'arrêter de chanter en 1981 à cause d'un ulcère de l'estomac, cheikh Ghafour fréquente régulièrement les zaouïas de la région en se consacrant au mdih. En vingt ans de carrière (de 1960 à 1980), Ghafour s'est produit plusieurs fois gratuitement pour l'amour du métier. N'ayant jamais écrit de textes ni composé de musiques il puisait dans les richesses de Bensahla, Benachour, Si Driss Berrahal. Il ne possède aucune de ses cassettes chez lui et "n'aimait plus écouter sa voix''. Père de huit enfants qui écoutent tous les genres de musique, le cheikh passe le plus clair du temps dans son atelier de confection. C'est d'ailleurs en 1948, dans un autre atelier, de tissage celui-là, tenu par son oncle, qu'il fit la connaissance avec la musique. Mais sa carrière artistique ne commence vraiment qu'en 1962. Ne pouvant supporter le rythme infernal des soirées, il dut s'offrir une récréation de deux ans (1972 à 1974). Le hawzi ou le Malouf de Hadj Ghafour a un cachet particulier, propre à Nédroma. Et c'est son frère cadet, Abderrazak, qui enregistra une cassette en 1991 aux éditions de Nédroma, pour perpétuer le genre pratiqué par la famille.

# Posté le jeudi 28 juillet 2005 17:32

Modifié le lundi 22 août 2005 16:20

............Le chantre de la musique targuie.............

............Le chantre de la musique targuie.............
........." othmane bali "..........

L'Algérien targui Othmane Bali, 52 ans, est mort dans la nuit de vendredi, emporté par la crue d'un oued, dans le Tassili n'Ajjer. Il était l'ambassadeur du tindé, le genre musical de sa région de Djanet, qu'il a contribué à faire découvrir au public algérien et international.

Le chantre de la musique targuie Othmane Bali a été emporté, dans la nuit de vendredi, par la crue de l'oued Tinjatat, qui traverse Djanet, après les fortes pluies qui se sont abattues sur la région. Son corps a été repêché samedi à 2 km de la ville et inhumé dimanche au cimetière d'Aghoum, en présence d'une foule nombreuse. Le troubadour nomade, médecin de son état, ayant un pied à Paris et l'autre dans les sables du Tassili n'Ajjer, à 2 000 km d'Alger, a stoppé sa course. A 52 ans. « Othmane Bali est parti sans avoir achevé son œuvre, une œuvre immense comme son désert natal et sa culture targuie », écrit Fayçal Metaoui dans El Watan.

Othmane Bali, de son vrai nom Mebarek Athmani, est né au mois de mai 1953 sous le palmier le plus haut de Djanet, dans le Grand Sud algérien, au sein d'une famille de mélomanes et de poètes. Il a été bercé par la musique de sa mère, grande chanteuse de tindé, le genre musical de la région, qu'il a remis au goût du jour et fait connaître en Algérie et à l'étranger. Virtuose du luth, un instrument qu'il avait découvert lors de ses études en médecine au début des années 70, il écrivait des textes en tamacheq et en arabe, saupoudrant parfois ses couplets d'un peu de français. « Il a revisité la musique du terroir et a contribué à sa renaissance et à son élargissement au-delà des frontières. Auteur, compositeur, interprète, il a rehaussé la musique targuie pour lui donner une dimension universelle. Citoyen du monde par sa musique, et ambassadeur émérite, il a porté haut et fort sa voix par-delà les frontières », explique Kheira Attouche, journaliste au quotidien Horizons.

Musique en famille

Pour mettre en valeur ce blues de l'oasis intense et captivant, il avait créé sa propre formation. Autour de lui : sa famille. Son fils, sa superbe femme, ses nièces, aux chœurs, et bien sûr sa mère, Khadidjata, incontournable, frêle silhouette à la voix puissante, qui l'accompagne partout. « C'est mon porte-bonheur », disait-il volontiers. Enchaînant en riant : « Elle a déjà fait deux fois le tour du monde avec moi ! Elle m'a même accompagné au Japon ! » A leurs côtés, Othmane était à l'aise, laissant éclater son profond talent. Il aimait l'improvisation et était capable de jouer jusqu'au bout de la nuit, arrachant des notes épicées et des complaintes lancinantes à son luth, jusqu'à le faire pleurer ou gémir.

Sa voix, chaude et sucrée comme une datte, accompagnait ses mélopées jusqu'à la transe. Respectueux de la tradition, Othmane Bali était aussi ouvert aux fusions et aux métissages. Il avait notamment enregistré trois albums avec l'Américain d'origine indienne sherokee Steve Shehan et venait de terminer une belle aventure musicale avec le jazzman français Jean-Marc Padovani. Leur spectacle (le dernier du Targui), en mai dernier à Alger, avait soulevé l'enthousiasme du public. Modeste et discret, Othmane Bali représentait l'homme bleu dans toute sa splendeur. Habillé et coiffé en permanence des attributs traditionnels de sa région, il possédait une classe naturelle, un sourire immense et des rides creusées par le soleil du désert. Il laisse un grand vide dans la musique algérienne.



ecoute une de othman bali

# Posté le mercredi 03 août 2005 16:51

Modifié le jeudi 09 mars 2006 16:27

......Précurseur de la chanson Kabyle " Cherif Kheddam "

......Précurseur de la chanson Kabyle " Cherif Kheddam "
Avant d'être ce maître incontesté de la chanson kabyle moderne, Kheddam destiné d'abord aux écritures saintes du Coran. Né en 1927 à Aït Boumessaoud en Haute Kabylie, il fréquente l'école coranique locale avant de se rendre à la zaouia de Boudjelil en Basse Kabylie pour poursuivre l'acquisition de la haute culture lettrée. Mais au gré des conjonctures, il change d'orientation. En 1947, Chérif Kheddam prend le chemin de l'exil vers la France. À son arrivée, il travaille comme ouvrier dans une fonderie puis à l'usine pour survivre jusqu'en 1961.

C'est donc dans le contexte de l'émigration que Chérif commence à pratiquer la musique et le chant. Sa première chanson Yellis n tmurt iw (Fille de mon pays) éditée à compte d'auteur, est perçue comme un chef-d'œuvre par le public.
Après un premier succès, Chérif chante dans des conditions toujours difficiles.


Il mène deux activités diamétralement opposées : le travail dur de l'ouvrier et la création artistique qu'il tentera de maîtriser pleinement. Chérif persévère dans cette voie grâce à l'encouragement de ses amis, en particulier Madame Sauviat, disquaire, spécialisée dans la chanson orientale, qui, ayant remarqué la qualité de cette chanson, le dirigera vers Pathé Marconi. Ainsi la rencontre avec Ahmed Hachelef, directeur artistique, sera également importante dans la carrière de l'auteur. Les affres de l'exil et de la guerre d'Algérie le poussent au repli sur soi et à la création.

De cette situation paradoxale naît l'œuvre musicale de Chérif qui va se tourner vers une carrière professionnelle. Malgré son handicap culturel de départ et en dépit de son âge, Chérif s'est attaché a acquérir une culture musicale en s'initiant au solfège, au chant puis à l'harmonie. Conscient de l'indigence qui affecte le patrimoine musical enfermé dans une tradition sclérosée, il tente de l'enrichir, de le rénover sans gommer ses caractéristiques. Il a su créer un espace d'expression ouvert sur la modernité, imposer une rigueur au niveau de la création qu'il n'a pas manqué d'inculquer aux jeunes chanteurs.

Il a en effet, encadré des groupes et formé des émules de la chanson moderne qui, aujourd'hui encore, se réclament avec fierté du maître. Parmi eux, on trouvera des noms connus dans la chanson militante amazighe : le groupe Yugurten, Ferhat Imazighen Imoula, Idir, Aït Menguellet, Malika Domrane, Nouara, Ahcène Abassi...

Chez Chérif Kheddam, poésie et chant sont intimement liés. La mélancolie d'antan a cédé la place à une nouvelle conception de la musique, de la poésie et, par suite du monde. C'est en effet, au niveau des textes que l'auditeur peut déceler la dimension révolutionnaire du poète à qui on doit plus d'une centaine de chansons déjà répertoriées. Quatre grands axes intimement liés dans l'esprit du poète traversent l'œuvre : l'amour, la terre, le changement social et le combat identitaire. On se serait attendu à ce que, homme issu d'une "grande " famille, Chérif se fut cantonné dans le chant conventionnel où prédominent la morale et la religion.

Or, le poète transgresse la vision traditionnelle pour en fonder une autre où l'interdit devient permis. Tantôt dans la tradition, tantôt dans la modernité, Chérif Kheddam innove sans cesse. Intimement liées, tradition et modernité finissent par constituer une unité riche de sens marquant l'identité du poète et la revendication d'une création permanente.

C'est donc ainsi que Chérif Kheddam, de son vivant même, fait déjà partie de la grande lignée des ancêtres, ceux qui avaient jadis pour fonction de perpétuer la tradition ancestrale et de la transgresser pour fonder une nouvelle conception du monde

# Posté le mercredi 03 août 2005 17:37

Modifié le lundi 22 août 2005 16:15