En 1954, Salah Sadaoui quitte le pays pour émigrer en France à l'instar de beaucoup de ses congénères. A peine arrivé, le jeune chanteur commença à animer des soirées dans les cafés nord-africains que fréquentaient notamment les immigrés, avant que Amraoui Missoum ne l'intègre dans son orchestre comme batteur et choriste.
Il n'hésitera pas à percer dans le domaine de la chanson, quelques années après son arrivée en France. Commença alors sa longue carrière en solo avec des chansons en arabe algérien mais surtout en kabyle. En plus de ses propres interprétations, Salah Sadaoui composa des chansons pour d'autres artistes à l'image de Meriem Abed et Samy Djazairi.
En plus de la chanson, Sadaoui s'était également intéressé au théâtre avec ses fameux sketchs joués avec l'autre comédien Kaci Tizi Ouzou.
Salah Sadaoui, à l'instar des autres chanteurs de sa génération, aborde des thèmes liés à la vie dans l'immigration et les aléas de la vie quotidienne. C'est d'ailleurs le thème-phare de sa célèbre chanson " itij ". " Yulid yitij yuli was, tedwa tafat af medden ilkelli ... ", chante-t-il entre autres. C'était également le premier chanteur de sa génération à rendre hommage au barde Si Muhend Umhend dans " Tsghennigh Si Muhend Umhend Amokrane n chu'ara" dans laquelle il a repris plusieurs poèmes du barde. Il a également rendu un autre hommage à Slimane Azem dans " A Ammi Slimane ".
Parallèlement à la chanson, Sadaoui occupait une boutique de disques à Paris, au boulevard Stalingrad, qui servait de carrefour pour beaucoup de chanteurs kabyles. Il avait animé des concerts, mémorables avec les grandes figures de l'époque à l'image d'Akli Yahiatène, de Taleb Rabah notamment, au profit des émigrés maghrébins.
C'est dire que c'est l'une des grandes figures de la chanson algérienne qui nous a quittés. S'il est vrai que son corps a disparu, il n'en demeure pas moins que son héritage artistique est inestimable. La preuve en est qu'il est admiré même par la nouvelle génération de jeunes qui n'ont pas eu la chance de le voir se produire sur scène. Même la télévision nationale ne parle pas de lui. Enfin... c'est devenu une habitude.
